Fuite d’huile : c’est grave Docteur ?

La fuite d’huile, ce n’est pas toujours ce que l’on croit, et pas toujours grave genre direction-l’hôpital-chauffeur. Tentons d’y voir un peu plus clair.

Impossible de croiser un véhicule de PVTiste en Nouvelle-Zélande sans passer par la case « fuite d’huile ». Même sans s’y connaître, le mot fait peur, et si l’on souhaite acheter un véhicule qui a une fuite d’huile ou si l’on s’aperçoit que c’est le cas de son van pendant son PVT, c’est un peu la panique à bord.

Vous trouverez sur internet de nombreux articles professionnels sur la fuite d’huile, ses causes, ses solutions. Ces articles sont écrits par des experts, et renvoient généralement vers une offre de garagiste.

Si nous décidons de nous y intéresser sur le blog, c’est donc pour traiter le sujet comme des PVTistes pour des PVTistes.

C’est à dire : des gens qui roulent sur de vieux véhicules (souvent, des modèles japonais), à petit budget, beaucoup de kilomètres à faire, pas ou peu d’outils, pas l’intention de passer sa vie et ses économies chez un garagiste, et une revente rapide à la fin du voyage.

Parce que vous êtes au bout du monde par rapport à votre garagiste préféré basé à Nantes (vous savez celui à côté de votre travail qui est sympa), on va vous donner notre point de vue acquis par l’expérience du terrain.

Parce qu’en PVT on a pas vraiment de salaire parce qu’on a pas exactement de travail, que les voitures sont quasi toutes Japonaises et réputées immortelles mais qu’en même temps les Nippons ont une notion impromptue du sacrifice, et que pitié TOUT mais pas tomber en panne ou pire : devoir acheter un second véhicule pour remplacer le premier, fini en cube dans une casse à Blenheim (peut-on imaginer fin plus triste ?).


Pascal, votre garagiste à Nantes.

Comme d’habitude, le problème « fuite d’huile », nous y avons aussi été confrontés, et nous avons appris 2-3 trucs utiles au passage.

Une grande majorité de véhicules anciens ont une fuite d’huile.

Même si ça roule, même si c’est un van en super état. Avec autant d’années derrière eux, ces vieux bolides ont TOUJOURS une petite fuite d’huile (insistance sur le « petite »). Ce n’est donc pas une bonne raison pour ne pas acheter, sauf si la fuite est niagaresque, mais ça, on en reparle plus tard.

Donc, si vous faites un « mechanical check » sur un vieux véhicule, vous trouverez souvent la mention « oil leak« , même si la fuite est assez petite pour ne pas vous poser problème. C’est d’ailleurs ce qui nous est arrivé, comme on vous en parle au chapitre 4 de cet article.

L’important est d’arriver à estimer l’ampleur de la fuite d’huile, et donc sa gravité. Avec un véhicule qui présente une petite fuite d’huile il est possible de rouler et faire son PVT avec, puis le revendre sans arnaquer les futurs propriétaires.

Comment savoir s’il y a une fuite d’huile ?

  • Vous êtes en panne. On commence par le pire pour évacuer toute forme de poisse. Le véhicule n’avance plus. Le moteur fume. C’est la PLS. Vous ne saurez que c’était une panne liée à une fuite d’huile que quelques heures plus tard, et vous reprendrez bien un peu de lamb and mint pie pour oublier.
  • Vous jetez un œil sous le capot et plusieurs éléments sont couverts d’huile. Soit vous ou vos prédécesseurs en avez renversé en refaisant le niveau, soit un joint ou une durite ont lâché et aspergé d’huile d’autres composants.
  • Votre niveau d’huile baisse anormalement vite, vous devez renouveler l’huile trop fréquemment. Un contrôle des niveaux doit être effectué à la fréquence d’une fois par mois. Si le niveau d’huile est systématiquement très bas, c’est mauvais signe : direction le garage.
  • Votre voyant de pression d’huile du moteur s’allume pendant la conduite. Il vous signale que la pression d’huile du moteur est insuffisante, potentiellement lié à une fuite dans cette zone. Dans ce cas c’est arrêt du moteur direct, puis contrôle du niveau d’huile à froid. Rajoutez-en si besoin et assurez vous qu’au redémarrage le témoin s’éteigne.

Attention, si le voyant s’allume alors que le niveau est correct, ou bien reste allumé malgré l’appoint, ne reprenez pas la route dans cet état. Faites appel à une dépanneuse, direction le garage.

  • Le vendeur du véhicule que vous visitez vous le dit. Au moins il est honnête. Vérifiez par vous-même à l’essai ou programmez un mechanical check. S’il vous décrit même sa « routine huile » : « là t’as la bouteille dans l’coffre moi j’en remets un coup tous les 50-100km bon ça va c’est facile » (c’est sympa, c’est cuisine). vous vous devez de FUIR.
  • Vous avez découvert cette fuite à la suite d’un mechanical check. Cela va surtout vous en dire plus sur son état et sa cause. Si vous voyez écrit « oil leak » sur le rapport ou toute autre anomalie, pointez-la du doigt au garagiste qui vous donnera son avis et, kiwi comme il est, sera super franc et sympa avec vous.
  • Vous remarquez une grosse tâche ou une flaque sous votre véhicule garé. Vous êtes resté garé quelques heures au même endroit. Le liquide sous le véhicule ne vous semblait pas être là avant et parait venir de la voiture. Vous touchez, c’est visqueux et de couleur sombre (surtout avec un diesel). Vous faites face à une fuite d’huile de votre bloc moteur.

Pour en savoir plus sur la marche à suivre lors de la découverte d’une fuite sous votre véhicule, nous vous renvoyons à notre article complet sur le sujet.

Quel risque représente une grosse fuite d’huile ?

Sans huile, le moteur est menacé (*musique dramatique*).

L’huile lui permet de se refroidir, de limiter les frottement, les risques de corrosion, elle lubrifie toutes les pièces… La fuite va tout simplement tuer le véhicule. Un peu triste quand tout l’intérieur est chouette et bien aménagé…

Peut-on réparer une fuite d’huile massive ?

Oui, mais c’est souvent une réparation importante et souvent assez chère. C’est bien pour cela qu’on vous conseille de fuir les véhicules avec de grosses fuites. Vous allez ramer pour rouler, dépenserez pas mal d’argent et pas mal de temps à vous préoccuper de vos flaques et de vos niveaux, et surtout, surtout, vous aurez beaucoup de mal à le revendre. Sauf si vous mentez… Mais ici on n’aime du tout pas les mensonges, donc vous n’allez pas mentir n’est-ce pas ?

Une petite fuite est-elle grave ?

Nous y voilà, et ça, c’est vraiment ce que nous avons appris (et le but de cet article). Une fuite type « quelques gouttes » (traces de gouttes, toute petite flaque), peu fréquente (vous ne la retrouvez pas systématiquement sous le van), avec des niveaux d’huile stables, qui ne baissent pas brusquement, et un véhicule qui ronronne bien : no worries.

Comme on vous l’a déjà indiqué, c’était notre cas à l’achat du van. Mais la discussion franche avec le garagiste, des PVTistes, d’autres amis kiwis, puis le reste du voyage ont totalement confirmé l’information ci-dessus. Si on a un van en Nouvelle Zélande, dans le merveilleux pays où l’on ne jette rien, il est normal d’avoir une petite « fuite » d’huile. Le véhicule pourra rouler encore longtemps, à la condition sine qua non d’être bien entretenu.

Notre conseil est toujours le même : soyez soigneux, soyez vigilant.

  • Ayez un petit bidon d’huile dans votre véhicule,
  • Vérifiez les niveaux d’huile une fois par mois,
  • Un petit coup d’œil sous la voiture voir si la goutte ne revient pas trop souvent,
  • Et surtout, faites la vidange et le changement de filtre à huile tous les 10 000 km (entre 100 et 150 $ NZ), c’est impératif.

Mais ne cherchez pas à tout prix le van zéro fuite, il n’existe pas (sauf neuf, mais à ce qu’il paraît c’est plus cher).

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