C’est l’histoire d’un van – Partie 1.

Au début il n’y avait rien. Une mince idée, un début d’envie, un embryon de projet. Ce projet, NOTRE PROJET, de trouver un van vide, tout nu et de l’aménager nous-mêmes, de A à X. Voici l’histoire des aventures de ce van. Un van nommé Pizza.

1. Origines story.

A l’obtention du PVT en Nouvelle-Zélande, il n’y avait qu’un seul but : parcourir par n’importe quel moyen un pays qui, comme beaucoup d’entre vous, nous faisait rêver.

Et comme beaucoup d’entre vous, en tapant « découvrir la Nouvelle-Zélande », nous tombions assez rapidement sur des articles vantant les mérites de la découverte itinérante, en van ou en voiture. Souvent même, nous avions lu qu’il s’agissait de LE pays idéal pour ce type d’aventure. On ne sait pas pour les autres pays, mais en tout cas, on valide : nous là-bas, on a bien kiffé ça.

En parallèle, trainant par hasard sur YouTube à quelques mois du départ, Florent découvrait cette magnifique vidéo :

Un gars ingénieux, à l’accent anglais, qui se construit un van en 17 jours, avec une coiffure IMPECCABLE. Il ne lui en fallait pas plus pour tomber en love et être très très inspiré. Surtout en lui se produisit un déclic majeur : il s’en sentait capable.

Au passage, il faut vous repréciser qu’aucun de nous deux n’avait une quelconque expérience de l’aménagement de véhicule, ni de diplôme en menuiserie ou mécanique ou électronique.

En revanche, Florent, très jeune amoureux de petites briques Danoises, avec un papa maître dans l’art du « on n’est jamais mieux servi que par soi-même. », a toujours eu la fibre bricoleuse ou en a été le témoin.

Bref, l’idée avait fait son chemin et sans savoir comment s’y prendre, on commençait à regarder des vans un peu hasard, notamment sur Trade me. Assez vite, en ayant pu glaner ci et là des informations sur les différents modèles et les possibilités d’aménagement, on s’est vite décidé à : petit un, acheter un van et petit deux, l’aménager à notre convenance.

Nos pré-requis :

  • Un grand lit parce que Florent il est grand,
  • Une cuisine intérieure pour se préparer des plats à l’abri quand il pleut,
  • Une bonne isolation pour affronter les froides nuits de l’île du sud,
  • Une homologation self-contained pour plus de liberté,
  • Et surtout, SURTOUT, un monstre de fiabilité mécanique.

2. Quand on arrive en ville.

Dès notre arrivée nous savions donc à peu près vers quel type de modèle nous allions nous orienter, on pensait très fort au Toyota Hiace, qui d’après beaucoup de retours, dont ceux de potes sur place, donnait le sentiment d’être très sûr mécaniquement, certains dépassant même les 500 000 km !

Sur place donc, 3 nuits réservées dans le backpack le plus miteux d’Auckland (big up Xbase Auckland, cimer pour la crasse et les draps tâchés de sang). En ville nous retrouvons Natacha et Romain, notre couple de potes en fin de PVT.

Ayant fait la même démarche que nous souhaitions entamer (aménager leur van), ils ont été de précieux conseil, notamment sur les lieux où se procurer du matériel de construction, les bons plans, les petites choses administratives à connaitre, où chercher son van … Bref, tout ce que nous aurions aimé savoir avant de partir mais que nous n’avions pas forcément trouvé dans nos recherches.

Suite à nos charmantes nuits en centre-ville, direction la banlieue pour 3 semaines de WOOFing prévues juste avant notre départ dans une auberge-éco-communauté-vegan nommée Fatcat. On pourrait tenter de vous décrire pendant des heures le concept, vous ne comprendriez pas forcément tant il faut le vivre. Sachez que rien n’y ressemble, que pour nous c’est comme la famille et un lieu qui restera pour toujours « une maison à l’autre bout du monde ». Une maison avec un grand garage, des outils et du bois. Pratique non ?

Une semaine plus tard, bien installés, ayant pris nos marques et ouvert un compte en banque, il était temps de lancer nos petites recherches. Recherches que nous avions bien affinées en discutant autour de nous, notamment avec les managers des lieux, Chiara – Italienne – et Dan – Alaskien – qui passaient le plus clair de leur temps libre à retaper des véhicules de la tête aux roues, et en connaissaient donc un rayon côté mécanique.

Ce sont eux qui nous conseillent d’office (si possible) d’acheter plutôt un véhicule diesel et manuel, d’expérience optimal pour un long road trip en NZ. On est alors mi-mars, et il nous faut trouver ce van vide – direction donc LeBonCoin version kiwie, Trade me !

3. A la recherche du temps perdu.

Assez rapidement nous avons quelques touches et Florent va assister à sa première visite, par chance dans un quartier voisin. Invitation reçue par texto, rendez-vous le jour même avec un kiwi plutôt sympa pour voir le véhicule, un Hiace année 92 appartenant à son église et utilisé pour le transport des enfants de chœur de la paroisse (non ce n’est pas une blague).

Voilà donc Florent, seul face au vendeur, devant inspecter un véhicule, le conduire à gauche pour la première fois, lui poser des questions, répondre aux siennes et le tout en anglais silvouplé.

On va dire que tout n’était pas très très clair, mais le van avait l’air en bon état, disponible tout de suite et juste à côté ! Nous nous tâtons (oh oui tâtons nous). Croisant des backpackers nous disant qu’un an ça passe vite et qu’il faut en profiter, nous prenons peur de perdre du temps de voyage, et réfléchissons à acheter tout de suite pour aller au plus vite. Même la croix chrétienne de 2 mètres de long côté conducteur dessinée à la bombe de peinture turquoise sur blanc dégoulinant nous paraissait SYMPA. On avait oublié que rien ne sert de courir petit frère. Heureusement le van, mis aux enchères à 3000$, s’est vendu bien au-delà de notre prix limite de 5000$. Heureusement, car quelques jours plus tard nous allions enfin trouver notre perle rare.

Ceci dit avant la perle nous avons tout de même eu un second rendez-vous avec un autre vendeur à Auckland. L’histoire vaut le détour (un genre de Mad Max Fury Road avec des ados en gueule de bois) et on vous l’a déjà racontée, si vous ne la connaissez pas relisez donc le premier chapitre de cet article.

4. La bonne pioche.

On est quasi fin mars et au cours de son surf quotidien sur Trade me, Florent va repérer une annonce située à Hamilton, une ville à une heure au sud d’Auckland (le cercle de recherche avait été agrandi pour essayer de trouver du nouveau et du moins cher, si possible). L’annonce est mise en ligne par un concessionnaire qui propose un Hiace année 1996 propre… Diesel, manuel, chauffage à l’arrière, 270 000 km, à 5000$ (environ 3300€ à l’époque). Plutôt cool ! Un mechanical check à 100$ est aussi proposé avec un garage partenaire. Cette dernière information ne nous plaît pas trop, préférant pouvoir choisir un garage neutre afin d’éviter tout risque de connivence.

Mais après un rapide check du véhicule sur Carjam, tout parait ok. On prend donc contact et saute dans un bus, direction la jolie petite ville d’Hamilton. Non on déconne. Hamilton c’est une zone industrielle jouxtant une rivière et un centre ville historique construit autour d’une route départementale.

Aussitôt arrivés, en route vers le concessionnaire, situé à une petite heure de marche de là. Ça tombe bien, on pouvoir profiter du décor !

(Décor qui est très bien, précise Sarah qui n’a pas de problèmes avec la ville d’Hamilton, qui en profite aussi pour vous dire que si vous aimez Hamilton vous avez bien raison).

Une fois là-bas, on rencontre le vendeur, il nous montre le van, nous explique son historique rapide (un seul propriétaire kiwi) et nous laisse une clé pour le conduire, en échange de nos passeports. C’est parti dans les rues de la ville, virage à droite, virage à gauche, ça tient la route. On teste l’embrayage, effectuons des démarrage/arrêt plusieurs fois, tout fonctionne. Garés dans un lotissement, on prend quelques mesures intérieures et on jette un œil sur le moteur, propre. Ça a l’air d’aller mais rien n’est certain. Pour se rajouter un peu de pression, on doit subir les aboiements de deux chiens à 10 mètres de là et leur propriétaire qui nous fixe depuis son jardin. Alors c’est très con, surtout avec le recul, mais à ce moment là on était un peu paumés et stressés.

Sur le chemin du retour, on se dit que nous n’avons pas assez d’éléments en notre possession pour être SÛRS que ce van ne présente aucun risque, et on accepte donc auprès du concessionnaire de faire réaliser le mechanical check le lendemain matin dans leur garage, ne pouvant en choisir un autre.

Nous nous quittons là-dessus et rentrons dans notre bonne aubÊrge pour la nuit, Florent commençant à sérieusement réfléchir à des aménagements sur papier suite aux mesures prises plus tôt. On croise les doigts pour que tout se passe bien et on file au dodo.

C’est le lendemain, les oiseaux chantent, le rendez-vous chez le concessionnaire est prévu en début d’après-midi. Nous profitons de la matinée pour passer à la banque en centre ville et retirer 5000 $ en cash, ce qui représente un belle grosse liasse violette que tu caches au plus près de toi, prêt à mordre toute personne qui te demanderait l’heure d’un peu trop près.

14h. Nous arrivons chez notre ami intermédiaire qui nous présente le rapport complet du garage. Très sympa, il nous installe à une petite table et nous propose de relire tranquillement le compte-rendu sans nous mettre la pression, plutôt bon signe. Mais on se rend compte que quelque chose ne va pas. Le rapport est bien fait, exhaustif, pas de souci à ce niveau là. c’est plutôt sur la partie conclusion que notre attention se porte.

Il y est écrit noir sur blanc OIL LEAK (ou fuite d’huile).

On en parle avec le concessionnaire, qui forcément nous dit que ce n’est rien et que tous les véhicules sont susceptibles de fuites d’huile, mais que toute fuite n’est pas à considérer comme un problème grave. Pour le coup il avait raison, comme on vous en parle ici. Mais sur le coup, nous on n’y croit pas. On demande donc la permission de reprendre le van et refaire un tour, permission accordée.

Ce faisant, on file en direction du garage, préférant échanger directement avec la personne ayant réalisé le passage en revue. En y allant un peu au culot, on finit par s’entretenir avec lui, et très sympa, il nous fait comprendre que, certes la fuite existe, mais qu’elle n’est pas dangereuse en l’état. A tout hasard on lui demande combien couterait une réparation. Vu que rien ne presse et que de toute façon il faut sortir le bloc moteur pour réparer, il nous conseille de le faire lors du prochain changement de cambelt, soit maintenant, soit à 300 000 km. Le chiffre tombe : 1000 $ environ pour le tout.

Ok, on le remercie, souffle un bon coup et retourne au van sur le parking. Là on se pose vraiment la question de l’achat. Sortir 1000 $ en plus c’est hors budget pour nous. Mais heureusement-il-y-a-Dan-notre-ami-mécanicien.

– « Allô Dan ? On est face à un van qui présenterait une fuite d’huile, c’est grave ?
– Tu as fait le niveau d’huile, tout est ok ?
– Yes.
– Vous avez roulé avec, le moteur est chaud ?
Yes.
– Baisse-toi et regarde sous le van.
Yes.
– Tu vois une flaque ? Des gouttes tomber ?
No.
– Sous le capot, il y a des trace d’huile visibles sur les composants ?
– No.
– C’est pas une fuite importante.
– Ok. Tu crois que je peux négocier le prix d’achat au vu de ce que coûtent les travaux ?
– C’est toi qui possède l’argent non ?
– Yes.
– Alors c’est toi le patron.
Yes. »

On raccroche et on en discute. Acheter le van 4500 $ nous permettrait de se laisser une petite enveloppe supplémentaire pour d’éventuelles réparations en rapport avec la fuite. On considère qu’à ce prix là on prendra le van, mais qu’on va d’abord en demander 4000 $ pour l’exercice de négociation.

Assis à son bureau, on déroule notre argumentaire en justifiant l’écart de 1000$ sur la base des réparations annoncées par le garagiste. Il nous répète que tous les véhicules après quelques années présentent des fuites et que dans notre cas ce n’est pas forcément grave. Peut-être, mais en l’occurrence la fuite, peu importe son volume, est bien présente. Et en cas d’évolution nous ne serions pas en capacité d’assumer un prix d’achat plus des frais de réparations au-delà des 5000 $.

Il comprend et nous indique qu’il doit joindre le propriétaire pour lui soumettre notre offre. Il part téléphoner, on attend. Il revient : « Le propriétaire est d’accord pour descendre jusqu’à 4500 $, mais c’est sa best and final offer« .

On se regarde et on s’excuse auprès du vendeur pour pouvoir sortir et en discuter entre nous. Une fois dehors on met 10 secondes pour se dire « ok on a un van » et 5 minutes de plus à parler de tout et de rien, pour la forme.

On rentre, on accepte le deal et le sourire revient sur tous les visages pendant qu’il compte le total des billets tendus, que sa secrétaire nous fait la passation de propriétaire et que nous prenons en main les clés de notre nouveau bébé, le fraîchement renommé Pizza.

Fin de la partie première. La partie 2 est disponible ici !

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