« Et sinon j’me lave où ? »

Oui au fait, maintenant que j’ai ma voiture / mon van, où donc vais-je me laver ?

C’est la question star des repas de famille et apéros entre copains quand on rentre au bercail. En général suivie d’un interrogatoire sur le fonctionnement et le degré de praticité des toilettes chimiques.

Mais vu qu’en Nouvelle-Zélande la concentration de WC au mètre carré est largement supérieure au nombre de moutons par colline, disons que ce n’est pas vraiment un outil très utilisé.

Revenons donc à notre histoire de douche. Que vous soyez en mode road-trip ou que vous travailliez en ville la journée et dormiez en van (ça, on l’a fait), vos options ne seront pas les mêmes. À chaque backpacker sa recette, en attendant voici nos conseils pour garder l’haleine fraîche, le poil soyeux et les fesses qui brillent.

1. Dans le van/la voiture.

  • La bassine (votre MEILLEURE AMIE) :

Parce qu’elle va vous permettre de moins galérer pour faire la vaisselle (hop, quand qu’il y a un point d’eau extérieur, on la sort et c’est parti) et de laver quelques petits vêtements en attendant la prochaine laverie, la bassine est aussi parfaite pour une toilette de chat (meow).

Ajoutez-y un gant en micro-fibre (offert avant le départ par les copains soucieux de notre hygiène), une serviette en micro-fibre et un savon, et vous voilà parés pour un sacré repoudrage de nez 19ème mamène.

PVTiste à sa toilette, Edgar Degas, 1886

*Interlude sur les eaux usées*

Désolés de nous excuser mais nous interrompons le fil de l’article pour vous parler un peu d’environnement, et plus précisément de la bonne conduite à tenir sur les rejets d’eaux usées.

Un véhicule self-contained vous permettra de stocker vos eaux usées (comme celles de votre lavabo et de votre bassine) avant le prochain dumping point.

Si votre véhicule n’est pas self-contained, ne jetez jamais vos eaux usées (dentifrice, eau savonneuse, eau de vaisselle, etc.) par-dessus bord. Si vous n’êtes pas proche d’un point de dumping ou autre moyen d’évacuation, conservez-les dans un bidon avant de pouvoir les relâcher dans la tuyauterie concernée, que vous devriez pouvoir trouver facilement.

*Fin de l’interlude sur les eaux usées*

  • Les lingettes :

Les lingettes, c’est super pratique, mais bon voilà, c’est un peu le sheitan. C’est mal pour l’environnement et c’est un peu mal aussi pour vous parce qu’elles peuvent à la longue être irritantes.

Si vous avez une peau atopique (eczéma, rougeurs) ou si vous craignez de perturber votre flore (ou votre faune), n’utilisez la solution lingettes qu’avec parcimonie.

Si vous en achetez, choisissez les avec le moins de nasties dedans (celles pour bébés, par exemple) et réservez les pour les grandes occazes (exemple: dîner de gala).

Vous connaissez une super marque de lingettes qu’elles sont biodégradables qu’elles sont pas toxiques et disponibles en Nouvelle-Zélande ? Écrivez-nous pour partager votre bon plan.

  • La douche solaire :

Alors là, on ne va pas vous mentir : après avoir vu plusieurs potes galérer avec, on n’a même pas ESSAYÉ la douche solaire tant cela nous semblait peu pratique pour des résultats jugés faibles (difficultés à chauffer, faible débit, etc.).

Cela dit, ce moyen a le mérite d’exister, est relativement économique (environ 15 dollars chez Mitre 10 ou d’occase sur Trade Me) et peut être plus pratique en été, ou pour celles et ceux pour qui l’eau froide est un don du ciel revitalisant.

2. En ville.

Vivre en van en ville, et y rester propre, qui plus est si vous travaillez, ce n’est pas une mince affaire. Un seul mot clé : s’organiser.

Votre calendrier hebdomadaire sera ainsi rythmé par de petites escapades vers la propreté, qui transformeront le simple fait de prendre une douche chaude en un véritable spa treatment (hashtag grateful, hashtag treat-yo-self).

Si vous ne l’avez pas déjà, l’application CamperMate est votre absolu meilleur ami du PVT et vous indiquera la plupart des douches et autres lieux de pèlerinages hygiéniques existants sur la carte, en ville comme en campagne.

  • VIVE LA PISCINE :

On n’avait pas autant aimé la piscine depuis les virées à Center Parcs pendant l’été 98. En vivant et travaillant en ville, c’est le moyen que nous avons préféré pour une vraie bonne grosse douche, à raison d’une fois tous les 3 jours, espacée par des toilettes de chat (meow meow).

Elles sont plutôt économiques (environ 5 dollars) et peuvent inclure un accès illimité au reste du centre aquatique. N’ayez pas peur, les PVTistes sont nombreux à le faire et les réceptionnistes ont donc l’habitude. Rendez-vous y avec vos tongs, votre serviette et trousse de toilettes, et demandez simplement le tarif pour une douche par personne.

  • Les salles de sport :

Certaines proposent parfois un accès payant à leurs douches (même tarif qu’en piscine). L’occasion d’aller soulever de la fonte après une semaine sans se laver puis de filer aux vestiaires. #nopainnogain

  • Les librarys et autres lieux insolites (non on ne blague pas) :

Nous avons ainsi découvert qu’une library (bibliothèque) en banlieue d’Auckland offrait des douches gratuites à ses visiteurs avec option de donation à l’entrée. Sans aucun doute des fans hardcore de Salut c’est cool.

  • Les stations services :

Ici les avis sont mitigés : certaines seront très propres, d’autres moins (checkez les commentaires CamperMate pour vous en assurer). Rien ne vous empêche d’aller vous garer et de jeter un coup d’œil, elles sont généralement accolées aux toilettes. Le procédé est très simple : il suffit de demander une douche à l’accueil de la station. Dans 99% des cas ces douches sont limitées dans le temps.

Les douches limitées sont un service courant en Nouvelle-Zélande. Elles fonctionnent soit avec des jetons ou une clé que l’on vous remettra à l’accueil, soit à pièces. Lorsque votre dû est payé elles délivrent de l’eau chaude. Au bout du temps imparti, soit elles se coupent, soit distribuent subitement de l’eau bien froide (électrochoc garanti). Comptez de 2 à 5 dollars pour 5 à 10 minutes d’eau chaude (un conseil, prenez la douche à plusieurs, si vous ne vous connaissez pas, c’est l’occasion).

Illustration couleur d’une douche limitée.
  • Les toilettes publiques (c’est mal) :

Là on ne parle pas de douche mais bien de toilette des chats (meow mew meow). Et petite la toilette, parce que si on ne le fait pas bien on met de l’eau partout et c’est pas cool. Mais les villes kiwies de toutes tailles étant dotées de toilettes publiques, il vous sera toujours possible de vous débarbouiller et de vous brosser les dents gratuitement.

Sarah s’est d’ailleurs fait un masque exfoliant à la boue de Rotorua dans les toilettes d’Arrowtown après une (très) longue journée de travail, et en garde un très bon souvenir (en faisant abstraction des bruits dans les compartiments voisins).

  • Les toilettes des cafés et restaurants (c’est re-mal) :

Sur cette option nous collerons une fois de plus le sticker « c’est mal mais bon » en précisant qu’il s’agit surtout de laisser tous les lieux que vous trouverez propres ou dans leur état initial (et vous verrez que vous pointer en short dans un café avec votre trousse de toilettes sans consommer passera plutôt moyen).

Mais si vous êtes attablé pour prendre un flat white, rien ne vous empêche d’aller discrètement mettre la tête sous l’eau et vous passer un petit coup de polish sans transformer les lieux en marécages.

  • Les points d’eau dans les parcs en été (exhibitionnisme level 100) :

Vous trouverez facilement des points d’eau dans les parcs en ville. Interdiction de vous shampouiner, mais idéal au petit matin pour se débarbouiller et se brosser les dents (par contre on garde son zlip – il y a des enfants).

3. Dans la nature.

Vous n’êtes pas en ville ? Les lacs et cours d’eaux s’offrent à vous (en hiver pour les plus téméraires). Et, contrairement à l’Australie, vous ne risquez pas d’y mourir dévoré par un croco.

Attention cependant à ne rien rejeter de polluant dans ces eaux !

*Interlude sur le savon et les cours d’eau*

Attention – si utiliser un savon écologique et biodégradable minimise l’impact environnemental, cela ne veut pas dire que cet impact est nul.

Tous les savons, biodégradables ou non, affectent négativement la balance naturelle des milieux aquatiques et ont une incidence nocive sur la faune et autres organismes vivants.

Que signifie d’ailleurs biodégradable ?

Une matière est considérée biodégradable si elle est en capacité de se décomposer par l’action d’agents biologiques naturels (bactéries). Plus spécifiquement, les produits sont estampillés biodégradables s’ils se décomposent en eau, carbone et biomasse à plus de 90% en 6 mois.

Gardez en tête que biodégradable ne signifie pas respectueux de l’environnement. Beaucoup de ces savons contiennent ainsi des substances souvent toxiques pour la vie dans les lacs.

Si vous vous apprêtez à prendre un bain sauvage, plutôt qu’utiliser du savon pour vous nettoyer, utilisez un simple gant de toilette et frottez. L’eau est un excellent solvant qui s’agrippe à la saleté et l’emmène au loin. Le savon n’est utile que pour décrocher la saleté plus facilement pour l’eau, donc rendre le rinçage plus aisé et rapide (moins d’eau consommée sous la douche).

Si vous devez utiliser du savon en extérieur (pour nettoyer une plaie par exemple) :

  • Prenez un seau ou une bassine
  • Remplissez là d’eau au lac ou dans la rivière,
  • Éloignez-vous d’au moins 30m de cette source d’eau,
  • Munissez-vous de votre savon biodégradable et sans phosphates (phosphate free),
  • Lavez et frottez en n’utilisant qu’une petite quantité de savon,
  • Rejetez vos eaux usées dans un trou creusé dans la terre de 20 cm de profondeur (pour permettre aux bactéries présentes dans le sol de décomposer complètement le savon).

Pour les animaux et beaucoup d’humains, les lacs et rivières sont source directe d’eau potable. Respectez donc ces environnements et n’y mettez rien que vous refuseriez de boire.

*Fin de l’interlude sur le savon et les cours d’eau*

4. Dans les campsites.

Grâce à CamperMate (non on est pas payés, on aime juste beaucoup), vous pourrez facilement repérer les campsites gratuits ou payants, ainsi que ceux du DOC (ou Department Of Conservation, ou département de conservation).

  • Les campsites payants :

Vous pouvez choisir d’y dormir et devrez payer votre nuit (avec douche illimitée normalement incluse). Mais vous pouvez également demander à l’accueil si il vous est possible de n’utiliser que les douches en échange de paiement. Il s’agit d’une option courante en NZ, surtout dans les lieux très touristiques où les randonneurs ont bien besoin d’une bonne douche après une grosse rando.

  • Les campsites gratuits :

Comportent très très rarement des douches. Nous n’en avons connu qu’une poignée délivrant de l’eau froide gratuite, en bord de mer (comme à Motueka ou Greymouth) et qui étaient plutôt pensées pour les locaux venant surfer, d’ailleurs.

Ces campings, proches des parcs nationaux, sont généralement réservés aux véhicules self-contained et comportent rarement des douches mais plutôt des points d’eau. Vérifiez donc sur CamperMate et voyez si vous êtes en jour de chance.

Certains DOC sites (ou bureaux du département de conservation) proposent des douches, c’est le cas du DOC de Mont Cook Village (au passage le plus beau du pays) qui propose de belles douches à pièces non loin de son parking.

5. Chez les gens (j’irai me doucher chez vous).

  • Les driveways :

Sachez que vous pouvez louer une allée de parking à des habitants qui vous permettront d’y dormir avec votre véhicule en utilisant leur salle de bain et wc (même le wifi). La location peut se faire à la nuit, la semaine voire au mois.

Vous en trouverez certains sur CamperMate, d’autres via petites annonces dans les journaux ou placées à l’entrée de supérettes ou centre commerciaux, ou tout simplement par le pote d’un pote qui a un cousin dont la tante propose (c’est aussi ça la Nouvelle-Zélande).

  • La ferme pour laquelle vous travaillez :

Certains employeurs vous mettront à disposition des structures sanitaires avec douches (souvent payantes). Plutôt rare, mais vous pourrez peut-être même poser votre van sur leur propriété en échange d’un petit loyer comprenant WC et douche. En général indiqué sur l’annonce de job, vous pouvez également demander à l’employeur si rien n’est précisé.

  • Les potos !

Au cours de votre périple, vous allez rencontrer plein de gens. Et parmi ces gens, vous vous ferez des potes de voyage, mais peut-être que sur place vos chemins se sépareront pour mieux se recroiser.

Dans ces cas il est très courant qu’aux retrouvailles ils ou elles aient loué un espace de vie plus grand que leur van (notamment en hiver).

Et dans ces cas, la solidarité fera le reste, car qui de mieux qu’un backpacker vous comprendra et saura voir dans quel état de détresse sanitaire avancé vous vous trouvez ?

C’est aussi là qu’on voit les kheys, celles et ceux qui deviendront vos ami(e)s pour la vie de toujours. Dans ce havre de paix, la douche sera chaude et illimitéeeeeeeeee (dans la limite du raisonnable).

  • Les parfaits inconnus :

Alors ça… C’est comme la douche solaire. On n’a pas essayé. MAIS on a entendu des légendes. Des backpackers pas comme les autres, qui auraient osé demander une douche dans un anglais approximatif à des habitants lambda, ou à qui on l’aurait proposée, possiblement par gêne olfactive. Des élus quoi.

On vous a invité à prendre une douche en Nouvelle-Zélande par bienveillance, amitié ou pitié ? Écrivez-nous et racontez votre histoire au monde. 

Illustration couleur de « l’effet de douche » chez un backpacker.

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