C’est la flaque sous mon châr, que dois-je fâre ?

C’est le matin, vous venez de vous réveiller, vous entamez votre traditionnelle salutation au soleil face à votre van et remarquez sous ce dernier une tâche qui n’était pas là la veille. Ne prenez pas la fuite, nous allons découvrir ensemble de quoi il retourne.

Avant tout, vérifiez qu’elle provienne bien de votre véhicule.

Il se peut en effet que ce soit une tâche déjà présente avant que vous ne vous gariez là, ou simplement de l’eau issue d’une petite pluie ou de condensation. Si la flaque est fraîche, n’est pas de l’eau ou que vous en retrouvez systématiquement sous votre véhicule, la suite de l’article est faite pour vous.

Enfilons donc notre plus belle redingote en tweed et pipe vissée au bec, tentons de résoudre l’énigme du circuit coupable, en deux chapitres :

  • A quel endroit que ça fuit ?
  • Qu’est ce que c’est quoi que ce liquide ?
Salu lé fille.

1. Repérer l’emplacement de la fuite.

La première chose à faire, c’est de vous baisser et regarder là-dessous comment ça se présente. En fonction de la positon de la flaque vous allez pouvoir estimer la localisation de la fuite et commencer à résoudre une partie du problème.

Voici comment se présente schématiquement la répartition des différents circuits contenant du liquide sous votre véhicule :

Petite précision concernant cette illustration : elle est calquée sur un modèle de van à propulsion (entrainant les roues arrières) avec direction assistée et sans capot avant (le moteur est situé sous les sièges), soit 90% des vans que vous trouverez à l’autre bout du monde.

  • Si vous avez un véhicule traction (le moteur entraine les roues avant) : vous n’aurez plus d’arbre de transmission en l’avant et l’arrière. Le différentiel arrière (n°5) n’a plus lieu d’être et la partie 3, ne contenant que votre boîte de vitesses, est donc réduite.
  • Si vous avez un capot donc un moteur devant vous (donc plutôt une voiture) : les parties 1, 2, 3, 6 et 7 seront simplement plus avancées par rapport à vos roues avant.

Seconde précision, les couleurs ci-dessus n’ont pour but que de vous aider à y voir clair dans cette schématisation. Elles ne représentent pas la couleur du liquide contenu.

Justement la couleur du fluide, son aspect ainsi que son odeur sont autant de critères nécessaires pour obtenir la clé du mystère. En fins limiers, loupe à la main et chapeau sur la tête, passons donc à notre seconde partie.

Passion carreaux.

2. Identifier le type de fuite.

Trouvez-vous un morceau de carton clair ou une feuille de papier blanche et déposez-y un petit échantillon de liquide en fuite.

A l’aide du tableau de classification ci-dessous, notre analyse va se dérouler en 3 temps :

  • Dans un premier temps, regardez sa couleur, puis reportez vous au tableau et voyez de quoi elle se rapproche.
  • Dans un second temps, portez le liquide à votre nez et tentez de reconnaitre son odeur.
  • Enfin au toucher, vous allez déterminer l’aspect du fluide, plutôt liquide ou visqueux, fin ou épais, etc.

3. Que faire ensuite ?

Tournons-nous à présent vers le Docteur Jean-Michel Ouate, assistant spécialiste de son état. Équipé d’un Gravitomètre TX 132 dernier cri, il va procéder à une graduation du problème présenté par ladite fuite, en conséquence de quoi nous estimerons la suite à donner.

Alors là je clique, ça j’éclaire, là je tourne, c’est élémentaire.

Huile moteur : alerte jaune / orange.

Si la fuite est de faible ampleur ce n’est pas un problème très grave. Pour vous en assurez, veillez à vérifier votre niveau d’huile sur le moment et un peu plus fréquemment qu’une fois par mois. Si le niveau ne chute pas trop vite ou brusquement, pas d’inquiétude.

Si votre niveau passe sous la marque basse de la tige il est fort probable que la fuite soit plus importante. Surtout ne roulez pas avec un niveau d’huile au plus bas et passez au garage dès que vous le pouvez.

Liquide de refroidissement : alerte jaune / orange.

Souvent la fuite de liquide de refroidissement apparait sur l’avant du véhicule (proche du radiateur), mais il y a une possibilité que vous puissiez en retrouver ailleurs, notamment si votre van est équipé d’un chauffage d’appoint à l’arrière (comme c’était le cas du nôtre).

Une petite fuite de liquide de refroidissement ne mettra pas en danger votre vieux moteur. Commencez par vérifier votre niveau de liquide dans le vase d’expansion et voir si celui-ci est sous la marque basse. Vous pouvez également attendre que votre moteur soit froid et regarder sous le bouchon de radiateur. Si vous ne voyez pas de trace de liquide de refroidissement là dedans c’est que vous devez être au plus bas. Dans ce cas, direction le garage le plus proche.

Attention : ne prenez pas la route en étant au niveau bas, rechargez en liquide de refroidissement ou en eau le cas échéant (solution uniquement provisoire pour quelques kilomètres en hiver).

Huile de boîte à vitesses/transmission : alerte orange. 

Un joint doit fuir à quelque part et nécessite une petite réparation. Si vous conduisez une automatique, un signe avant-coureur de fuite apparait lorsque la vitesse supérieure s’enclenche difficilement ou pas du tout.

Liquide de freins : alerte rouge.

Nécessaire au freinage, c’est une des fuites les plus dangereuses. Même en petite quantité elle peut modifier le comportement de votre véhicule lorsque vous freinez. Direction le garage sans perdre de temps.

Huile de différentiel arrière : alerte jaune / orange.

Nécessitera une réparation mais vous pouvez rouler, sauf si la quantité est trop importante. En effet, le bloc de différentiel arrière ne contient qu’une petite quantité d’huile, à surveiller donc.

Liquide de direction assistée : alerte rouge.

Comme précédemment, commencez par vérifier le réservoir associé. Si le niveau n’est pas entre les marqueurs de niveaux haut et bas, c’est qu’il y a un problème. Sans intervention rapide les réparations vous coûteront bonbon. Foncez au garage (sans excès de vitesse).

Liquide lave-vitres : alerte jaune.

Un joint doit fuir, mais ne représente aucun danger mécanique.

Carburant : alerte rouge.

Direction le garage. Si votre véhicule est un diesel il n’y a quasiment aucun risque de feu mais il faut réparer. En revanche, si vous roulez en essence, ne démarrez pas et appelez une dépanneuse.

Ce n’est pas parce que le réservoir est situé à l’arrière du véhicule qu’une fuite ne pourrait survenir que dans cette zone. Le carburant circule du réservoir au moteur, vous pourriez donc en retrouver ailleurs.

Attention : Il est possible que vous retrouviez du carburant sous le véhicule dans le cas d’un trop plein. Si vous venez de passer en station service et avez gavé titine comme une oie avant les fêtes c’est certainement le cas.

Remarque : avant de vérifier vos niveaux, assurez-vous d’être stationné sur une surface relativement plane et moteur à froid (ou à peine tiède).

4. Épilogue.

Nous pouvons conclure sur le fait qu’il est important de réaliser une estimation du volume de la fuite subie.

En règle générale, si vous retrouvez une flaque sous votre véhicule, n’attendez pas pour vous en occuper. Non seulement cela vous coûtera moins cher que si le problème s’aggrave, mais vous pourrez également parcourir en plus grande sécurité sur les belles routes de Nouvelle-Zélande.

Enfin, si certaines fuites sont alarmantes à partir d’une faible quantité, gardez également en tête que quelques gouttes par ci par là ne représentent pas un danger. Notamment l’huile moteur, comme on vous le précisait déjà dans cet article.

Voilà, nous arrivons enfin au bout de cette investigation haletante. Vous pouvez à présent vous replonger dans votre morning routine yoguiste en vous sentant un peu plus en paix. Toujours en panne, mais en paix.

Merci à Jean-Michel pour son utilité à forte valeur ajoutée, merci à vous pour votre attention, et n’oubliez pas : même en cas de problème, restez dans le flegme.

A bientôt pour de nouvelles enquêtes passionnantes !

A la tienne Étienne.

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C’est l’histoire d’un van – Partie 1.

Au début il n’y avait rien. Une mince idée, un début d’envie, un embryon de projet. Ce projet, NOTRE PROJET, de trouver un van vide, tout nu et de l’aménager nous-mêmes, de A à X. Voici l’histoire des aventures de ce van. Un van nommé Pizza.

1. Origines story.

A l’obtention du PVT en Nouvelle-Zélande, il n’y avait qu’un seul but : parcourir par n’importe quel moyen un pays qui, comme beaucoup d’entre vous, nous faisait rêver.

Et comme beaucoup d’entre vous, en tapant « découvrir la Nouvelle-Zélande », nous tombions assez rapidement sur des articles vantant les mérites de la découverte itinérante, en van ou en voiture. Souvent même, nous avions lu qu’il s’agissait de LE pays idéal pour ce type d’aventure. On ne sait pas pour les autres pays, mais en tout cas, on valide : nous là-bas, on a bien kiffé ça.

En parallèle, trainant par hasard sur YouTube à quelques mois du départ, Florent découvrait cette magnifique vidéo :

Un gars ingénieux, à l’accent anglais, qui se construit un van en 17 jours, avec une coiffure IMPECCABLE. Il ne lui en fallait pas plus pour tomber en love et être très très inspiré. Surtout en lui se produisit un déclic majeur : il s’en sentait capable.

Au passage, il faut vous repréciser qu’aucun de nous deux n’avait une quelconque expérience de l’aménagement de véhicule, ni de diplôme en menuiserie ou mécanique ou électronique.

En revanche, Florent, très jeune amoureux de petites briques Danoises, avec un papa maître dans l’art du « on n’est jamais mieux servi que par soi-même. », a toujours eu la fibre bricoleuse ou en a été le témoin.

Bref, l’idée avait fait son chemin et sans savoir comment s’y prendre, on commençait à regarder des vans un peu hasard, notamment sur Trade me. Assez vite, en ayant pu glaner ci et là des informations sur les différents modèles et les possibilités d’aménagement, on s’est vite décidé à : petit un, acheter un van et petit deux, l’aménager à notre convenance.

Nos pré-requis :

  • Un grand lit parce que Florent il est grand,
  • Une cuisine intérieure pour se préparer des plats à l’abri quand il pleut,
  • Une bonne isolation pour affronter les froides nuits de l’île du sud,
  • Une homologation self-contained pour plus de liberté,
  • Et surtout, SURTOUT, un monstre de fiabilité mécanique.

2. Quand on arrive en ville.

Dès notre arrivée nous savions donc à peu près vers quel type de modèle nous allions nous orienter, on pensait très fort au Toyota Hiace, qui d’après beaucoup de retours, dont ceux de potes sur place, donnait le sentiment d’être très sûr mécaniquement, certains dépassant même les 500 000 km !

Sur place donc, 3 nuits réservées dans le backpack le plus miteux d’Auckland (big up Xbase Auckland, cimer pour la crasse et les draps tâchés de sang). En ville nous retrouvons Natacha et Romain, notre couple de potes en fin de PVT.

Ayant fait la même démarche que nous souhaitions entamer (aménager leur van), ils ont été de précieux conseil, notamment sur les lieux où se procurer du matériel de construction, les bons plans, les petites choses administratives à connaitre, où chercher son van … Bref, tout ce que nous aurions aimé savoir avant de partir mais que nous n’avions pas forcément trouvé dans nos recherches.

Suite à nos charmantes nuits en centre-ville, direction la banlieue pour 3 semaines de WOOFing prévues juste avant notre départ dans une auberge-éco-communauté-vegan nommée Fatcat. On pourrait tenter de vous décrire pendant des heures le concept, vous ne comprendriez pas forcément tant il faut le vivre. Sachez que rien n’y ressemble, que pour nous c’est comme la famille et un lieu qui restera pour toujours « une maison à l’autre bout du monde ». Une maison avec un grand garage, des outils et du bois. Pratique non ?

Une semaine plus tard, bien installés, ayant pris nos marques et ouvert un compte en banque, il était temps de lancer nos petites recherches. Recherches que nous avions bien affinées en discutant autour de nous, notamment avec les managers des lieux, Chiara – Italienne – et Dan – Alaskien – qui passaient le plus clair de leur temps libre à retaper des véhicules de la tête aux roues, et en connaissaient donc un rayon côté mécanique.

Ce sont eux qui nous conseillent d’office (si possible) d’acheter plutôt un véhicule diesel et manuel, d’expérience optimal pour un long road trip en NZ. On est alors mi-mars, et il nous faut trouver ce van vide – direction donc LeBonCoin version kiwie, Trade me !

3. A la recherche du temps perdu.

Assez rapidement nous avons quelques touches et Florent va assister à sa première visite, par chance dans un quartier voisin. Invitation reçue par texto, rendez-vous le jour même avec un kiwi plutôt sympa pour voir le véhicule, un Hiace année 92 appartenant à son église et utilisé pour le transport des enfants de chœur de la paroisse (non ce n’est pas une blague).

Voilà donc Florent, seul face au vendeur, devant inspecter un véhicule, le conduire à gauche pour la première fois, lui poser des questions, répondre aux siennes et le tout en anglais silvouplé.

On va dire que tout n’était pas très très clair, mais le van avait l’air en bon état, disponible tout de suite et juste à côté ! Nous nous tâtons (oh oui tâtons nous). Croisant des backpackers nous disant qu’un an ça passe vite et qu’il faut en profiter, nous prenons peur de perdre du temps de voyage, et réfléchissons à acheter tout de suite pour aller au plus vite. Même la croix chrétienne de 2 mètres de long côté conducteur dessinée à la bombe de peinture turquoise sur blanc dégoulinant nous paraissait SYMPA. On avait oublié que rien ne sert de courir petit frère. Heureusement le van, mis aux enchères à 3000$, s’est vendu bien au-delà de notre prix limite de 5000$. Heureusement, car quelques jours plus tard nous allions enfin trouver notre perle rare.

Ceci dit avant la perle nous avons tout de même eu un second rendez-vous avec un autre vendeur à Auckland. L’histoire vaut le détour (un genre de Mad Max Fury Road avec des ados en gueule de bois) et on vous l’a déjà racontée, si vous ne la connaissez pas relisez donc le premier chapitre de cet article.

4. La bonne pioche.

On est quasi fin mars et au cours de son surf quotidien sur Trade me, Florent va repérer une annonce située à Hamilton, une ville à une heure au sud d’Auckland (le cercle de recherche avait été agrandi pour essayer de trouver du nouveau et du moins cher, si possible). L’annonce est mise en ligne par un concessionnaire qui propose un Hiace année 1996 propre… Diesel, manuel, chauffage à l’arrière, 270 000 km, à 5000$ (environ 3300€ à l’époque). Plutôt cool ! Un mechanical check à 100$ est aussi proposé avec un garage partenaire. Cette dernière information ne nous plaît pas trop, préférant pouvoir choisir un garage neutre afin d’éviter tout risque de connivence.

Mais après un rapide check du véhicule sur Carjam, tout parait ok. On prend donc contact et saute dans un bus, direction la jolie petite ville d’Hamilton. Non on déconne. Hamilton c’est une zone industrielle jouxtant une rivière et un centre ville historique construit autour d’une route départementale.

Aussitôt arrivés, en route vers le concessionnaire, situé à une petite heure de marche de là. Ça tombe bien, on pouvoir profiter du décor !

(Décor qui est très bien, précise Sarah qui n’a pas de problèmes avec la ville d’Hamilton, qui en profite aussi pour vous dire que si vous aimez Hamilton vous avez bien raison).

Une fois là-bas, on rencontre le vendeur, il nous montre le van, nous explique son historique rapide (un seul propriétaire kiwi) et nous laisse une clé pour le conduire, en échange de nos passeports. C’est parti dans les rues de la ville, virage à droite, virage à gauche, ça tient la route. On teste l’embrayage, effectuons des démarrage/arrêt plusieurs fois, tout fonctionne. Garés dans un lotissement, on prend quelques mesures intérieures et on jette un œil sur le moteur, propre. Ça a l’air d’aller mais rien n’est certain. Pour se rajouter un peu de pression, on doit subir les aboiements de deux chiens à 10 mètres de là et leur propriétaire qui nous fixe depuis son jardin. Alors c’est très con, surtout avec le recul, mais à ce moment là on était un peu paumés et stressés.

Sur le chemin du retour, on se dit que nous n’avons pas assez d’éléments en notre possession pour être SÛRS que ce van ne présente aucun risque, et on accepte donc auprès du concessionnaire de faire réaliser le mechanical check le lendemain matin dans leur garage, ne pouvant en choisir un autre.

Nous nous quittons là-dessus et rentrons dans notre bonne aubÊrge pour la nuit, Florent commençant à sérieusement réfléchir à des aménagements sur papier suite aux mesures prises plus tôt. On croise les doigts pour que tout se passe bien et on file au dodo.

C’est le lendemain, les oiseaux chantent, le rendez-vous chez le concessionnaire est prévu en début d’après-midi. Nous profitons de la matinée pour passer à la banque en centre ville et retirer 5000 $ en cash, ce qui représente un belle grosse liasse violette que tu caches au plus près de toi, prêt à mordre toute personne qui te demanderait l’heure d’un peu trop près.

14h. Nous arrivons chez notre ami intermédiaire qui nous présente le rapport complet du garage. Très sympa, il nous installe à une petite table et nous propose de relire tranquillement le compte-rendu sans nous mettre la pression, plutôt bon signe. Mais on se rend compte que quelque chose ne va pas. Le rapport est bien fait, exhaustif, pas de souci à ce niveau là. c’est plutôt sur la partie conclusion que notre attention se porte.

Il y est écrit noir sur blanc OIL LEAK (ou fuite d’huile).

On en parle avec le concessionnaire, qui forcément nous dit que ce n’est rien et que tous les véhicules sont susceptibles de fuites d’huile, mais que toute fuite n’est pas à considérer comme un problème grave. Pour le coup il avait raison, comme on vous en parle ici. Mais sur le coup, nous on n’y croit pas. On demande donc la permission de reprendre le van et refaire un tour, permission accordée.

Ce faisant, on file en direction du garage, préférant échanger directement avec la personne ayant réalisé le passage en revue. En y allant un peu au culot, on finit par s’entretenir avec lui, et très sympa, il nous fait comprendre que, certes la fuite existe, mais qu’elle n’est pas dangereuse en l’état. A tout hasard on lui demande combien couterait une réparation. Vu que rien ne presse et que de toute façon il faut sortir le bloc moteur pour réparer, il nous conseille de le faire lors du prochain changement de cambelt, soit maintenant, soit à 300 000 km. Le chiffre tombe : 1000 $ environ pour le tout.

Ok, on le remercie, souffle un bon coup et retourne au van sur le parking. Là on se pose vraiment la question de l’achat. Sortir 1000 $ en plus c’est hors budget pour nous. Mais heureusement-il-y-a-Dan-notre-ami-mécanicien.

– « Allô Dan ? On est face à un van qui présenterait une fuite d’huile, c’est grave ?
– Tu as fait le niveau d’huile, tout est ok ?
– Yes.
– Vous avez roulé avec, le moteur est chaud ?
Yes.
– Baisse-toi et regarde sous le van.
Yes.
– Tu vois une flaque ? Des gouttes tomber ?
No.
– Sous le capot, il y a des trace d’huile visibles sur les composants ?
– No.
– C’est pas une fuite importante.
– Ok. Tu crois que je peux négocier le prix d’achat au vu de ce que coûtent les travaux ?
– C’est toi qui possède l’argent non ?
– Yes.
– Alors c’est toi le patron.
Yes. »

On raccroche et on en discute. Acheter le van 4500 $ nous permettrait de se laisser une petite enveloppe supplémentaire pour d’éventuelles réparations en rapport avec la fuite. On considère qu’à ce prix là on prendra le van, mais qu’on va d’abord en demander 4000 $ pour l’exercice de négociation.

Assis à son bureau, on déroule notre argumentaire en justifiant l’écart de 1000$ sur la base des réparations annoncées par le garagiste. Il nous répète que tous les véhicules après quelques années présentent des fuites et que dans notre cas ce n’est pas forcément grave. Peut-être, mais en l’occurrence la fuite, peu importe son volume, est bien présente. Et en cas d’évolution nous ne serions pas en capacité d’assumer un prix d’achat plus des frais de réparations au-delà des 5000 $.

Il comprend et nous indique qu’il doit joindre le propriétaire pour lui soumettre notre offre. Il part téléphoner, on attend. Il revient : « Le propriétaire est d’accord pour descendre jusqu’à 4500 $, mais c’est sa best and final offer« .

On se regarde et on s’excuse auprès du vendeur pour pouvoir sortir et en discuter entre nous. Une fois dehors on met 10 secondes pour se dire « ok on a un van » et 5 minutes de plus à parler de tout et de rien, pour la forme.

On rentre, on accepte le deal et le sourire revient sur tous les visages pendant qu’il compte le total des billets tendus, que sa secrétaire nous fait la passation de propriétaire et que nous prenons en main les clés de notre nouveau bébé, le fraîchement renommé Pizza.

Fin de la partie première. La partie 2 est disponible ici !

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Ça sent pas bon : 6 signes qu’il vaudrait mieux ne pas acheter

Loin de nous l’idée de vous porter la poisse, mais quand on décide d’acheter un véhicule, mieux vaut ne pas se louper.

On ne compte plus les histoires d’horreur entendues sur la route (fuite d’huile niagaresque, moteur mort, faux sticker self-contained…), certaines se soldant à contre-coeur par l’abandon du bolide et l’obligation d’en acheter un autre. Avec un budget de backpacker et des rêves de voyage, on aimerait mieux ne pas en arriver là.

Chez monvanaucalme, on est pas mécanos – mais on ne nous la fait pas pour autant. En un an, nous avons vu et entendu assez de choses pour pouvoir dire à d’autres : « ouhla non, ça sent pas bon ». Ayant fait des recherches au préalable et créé une petite « check-list » mécanique, nous avons pu éviter les pièges lors de l’achat de notre van, Pizza. Mais nous avons aussi parmi nos amis des cas très classiques de « véhicules à problèmes » que vous rencontrerez sûrement en Nouvelle-Zélande ou ailleurs. Voici donc un petit florilège de ce qui devrait vous mettre la puce à l’oreille et qui (on l’espère !) vous aidera à poursuivre l’aventure au calme.

1. Le « mauvais feeling ».

Bah oui, c’est tout simple. Les gens qui font du yoga ont dû vous le dire : il faut se faire CONFIANCE. Sur l’annonce ou pendant la visite, on a ce sentiment de malaise, généralement un mélange de choses qui vous semblent étranges sans que vous arriviez vraiment à mettre le doigt dessus. Et même si le temps presse, que de prime abord tout a l’air bien, que le prix est bas, que vous n’êtes pas les seuls sur le coup, et qu’il faut se décider pour vite se mettre en route – prudence !

Avant de trouver Pizza, nous avions repéré un van en très bon état sur Trade me, qui correspondait à toutes nos attentes. La description était certes un peu short (signe n°1), mais l’annonce présentait pas mal de photos du véhicule, et le propriétaire était kiwi. Feu vert, à priori. Nous nous rappellerons longtemps de la visite, à l’autre bout d’Auckland.

Rendez-vous pour 16h pris 3 jours avant par téléphone, le jour dit on se fait prêter une voiture et on traverse tous les embouteillages de la ville. Mais on arrive à l’heure, ouf. Quartier plutôt chic, avec de belles voitures et des vans rutilants un peu partout. Dans nos têtes, c’est bingo – Dans nos slips, c’est jojo. Bon, on tombe sur la seule maison qui collectionne les vieux pneus et les bidons rouillés dans son jardin. Bon, le proprio ne répond plus à son portable. Bon, on sonne à la porte et c’est un gamin de 15 ans assez antipathique qui nous ouvre. « Mon frère dort, il a la gueule de bois. ».

« Je vais vous montrer moi-même le van mais bon je connais pas trop… ». Ok, on monte dedans, le fiston assis au milieu et on démarre sans problème. Le van roule bien, on en profite pour poser quelques questions : « Un historique du véhicule ? Aucune idée », « si le WOF est à jour ? je sais pas. », « Si on roule souvent avec ? C’est le van de mon frère. », « Depuis quand il est proprio ? Bah environ 2 semaines … ».

On est tellement sur le cul qu’on ne regarde pas le moteur. On le ramène chez lui puis repartons chez nous. Le lendemain, texto du frère, pressé de vendre. On l’appelle, il est installé confort dans sa gueule de bois. « Écoutez je ne l’ai que depuis 2 semaines car en fait moi je fais du business de véhicules que j’achète et revends ». « Si le van a déjà eu des problèmes ou des réparations ? Non. ».

On lui propose de faire un mechanical check dans un garage de notre choix. « Pas de souci mais il faut que je vous dise, il y a une fuite, peut-être deux, au niveau de la transmission et peut-être aussi du vase d’expansion, enfin voilà rien de bien grave … ».

Nous avons donc répondu merci, mais non merci. Et ce, en dépit de la bonne impression de conduite du van et la forte envie de commencer notre voyage.

Le petit frère : « Mon grand frère dort aujourd’hui, c’est moi qui gère. »
Le grand frère : « Hier je dormais mais c’est moi qui vends. »

Le père : « Putain c’est moi ou les gamins sont encore en train de refourguer leur épave ? »

Car si le vendeur est négligent dans sa démarche de vente, il y a fort à parier qu’il l’est avec le véhicule. D’où ce « mauvais feeling » tout à fait justifié, qui n’est autre que la manifestation physique de votre inconscient criant « MAUVAIS PLAN BERNARD, MAUVAIS PLAN ! »

2. 100% déco, 0% mécanique.

Vous avez trouvé un van sur Facebook qu’il-est-beau qu’il-est-magnifique et regarde sur les photos ohlala le filtre sépia et la mer et ohlala la fresque d’inspiration maorie sur l’extérieur et ohlala les petits tiroirs avec les petites loupiotes.

En clair : le van vous a tapé dans l’oeil et on a beau être cyniques, nous sommes tous plutôt réceptifs à ce genre de détails. D’autant que pour vivre 12 mois dans 4m2, les petites loupiotes et le joli plaid vont être plus que nécessaires.

On ne dit donc pas que l’aménagement n’est pas important. Seulement voilà : le van, il faut qu’il ROULE. C’est la chose la plus importante pour votre voyage et pour la revente. La décoration intérieure n’est pas un signe de « bonne santé ».

Vous pourrez toujours investir 100 dollars chez K-Mart ou Spolight ou en « op’ shop » pour donner à votre bolide un style sympa, mais vous ne pourrez jamais voyager avec un van qui ne roule pas. Vous y perdrez beaucoup de temps, d’argent, d’énergie et de foi en l’humanité.

On prendra pour exemple cette sympathique Française croisée à deux reprises sur un free campsite, voyageant seule dans son magnifique van intérieur bois et lin, acheté à des backpackers à Wanaka, qui hurlait (littéralement) en tapant sur son volant car le van ne démarrait qu’une fois sur 10. Et comme on la comprend : un van aussi joli et soigné à l’intérieur donnait effectivement cet aspect « bonne santé » au véhicule. À tort. Sans être pointilleux sur la mécanique nous aurions probablement fait la même erreur.

Donc, vous avez flashé sur une jolie déco. Passons aux choses sérieuses. Si la description mécanique est solide, rigoureuse, que tous les contrôles ont été faits, que le vendeur ou la vendeuse vous semble sérieux, qu’à la visite tout roule, que quand ça roule tout roule : GO. Sinon, passez votre chemin.

3. « Ne jamais acheter un van à des backpackers… »

Il est un peu hypocrite hein, ce conseil, puisque nous sommes tous backpackers. Mais il n’est pas dénué de fond. La vraie bonne formule devrait être : « Ne jamais acheter le van type backpackers« .

C’est à dire : qui n’a aucun papiers, aucune trace des anciens propriétaires ou un historique chelou sur Carjam, over-chargé en déco, pas trop trop sûr de quand date de quoi, et qu’on vous propose un million trois cent mille accessoires qui ne se vendraient qu’en brocante en région Centre (une mini planche de surf ! Une saucière à fleurs ! Une paire de gumboots taille 37 !)

Si votre projet est d’acheter un van vide, l’option d’acheter « local » s’offre à vous : vous trouverez plus facilement des van vides dans des garages ou chez des particuliers. Au moins de propriétaires courts il y a eu, au mieux c’est. Une personne utilisant son véhicule sur un long terme l’aura normalement entretenu, certainement plus qu’une autre sur 3, 6 ou 12 mois.

Si vous souhaitez acheter un van déjà aménagé, vous passerez forcément par la case backpackers. Dans ce cas là, soyez sérieux. Sans tomber dans la parano, assurez vous que tout vous permettra de rouler et pensez toujours à la revente. Évitez les annonces trop « market » qui insistent sur l’intérieur et les accessoires comme vu précédemment, les gens trop « à la cool » sur ce qui se passe dans leur van (« lol chais pas c’est quoi une vidange »), complètement à l’ouest quand vous leur posez des questions de base (« la cambelt je la change quand ? »), ou alors complètement mythomanes (« mon van automatique essence consomme 8 litres au cent poto »).

4. Le « vrai » problème mécanique.

Au moment où vous visiterez et conduirez votre potentiel bolide, certaines choses peuvent se produire : le véhicule démarre difficilement, de la fumée blanche ou noire s’échappe…Quelques signes qu’un vrai problème mécanique devrait vous alerter.

Nous avons déjà consacré un passage détaillé à ce sujet dans la seconde partie de notre Guide Ultime pour acheter son automobile.

5. Le « t’auras RIEN à faire sur le van… »

Faux, faux, faux, archi-faux.

Un van qui n’a besoin d’aucun frais et d’aucune petite réparation pendant un an, ça n’existe pas, tout simplement (on aimerait bien hein – mais non). La Nouvelle-Zélande est une île (on aime bien recycler plutôt que jeter sur une île), la plupart des véhicules qui y ont été importés ont déjà un peu de vécu, au Japon notamment (surtout ceux qui rentrent dans un budget backpackers), et rare sont ceux qui peuvent s’offrir un véhicule neuf ou quasi.

Sachez aussi que ces choses se négocient en fonction de ce qui vous incombera à l’achat du véhicule. Changer les pneus ? Changer la cambelt ? Lui refaire passer la certification self-contained ? Autant de détails qui peuvent vous aider à faire baisser le prix. Pendant la visite, notez bien les éléments qui seront selon vous à remettre à jour.

6. Le prix tout riquiqui.

Trouver un bolide pas cher, c’est chouette. Vraiment super chouette. Oui mais bon, trouver un van à mille dollars, ça soulève des questions.

Soit vous avez trouvé l’affaire du siècle, soit c’est l’arnaque de l’année. 100, 200, 500, 800 dollars en-dessous du prix, c’est une affaire. 1000 dollars à 2000 dollars, c’est quand même bizarre. On vous conseille encore une fois la prudence. Relisez, notez, vérifiez, posez autant de questions que vous jugerez nécessaires au vendeur. Et d’ailleurs si ce dernier se défile, ne culpabilisez pas. Ce n’est pas vous qui avez posé trop de questions, c’est probablement lui qui cherchait à vendre vite quelque chose d’assez louche.

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