Max et Lou – Belle réussite et sale arnaque.

Max et Lou, c’est une de ces vans stories aux éditions Chair de Poule que les anciens vous racontent le soir autour du feu. Ce sont en fait deux histoires en une : un premier achat de van impec’, puis un second avec un aménagement du tonnerre (comprenant découpes, isolation, seconde batterie et certification self-contained), soldé par la découverte d’une arnaque à vous empêcher de dormir la nuit. Éteignez les lumières et sortez le popcorn, on écoute Lou nous raconter tout ça au calme.

Faire un van à deux c’est plus difficile pour un couple que d’aller sur l’île de la tentation !

Lou

Mon van au calme : Max et Lou, qui est-ce donc ?

Lou : Hello Mon Van au Calme ! Nous sommes Max et Lou, deux frenchies qui ont un jour décidé de quitter leurs jobs, leur coloc’ et le fromage pour faire un long voyage, sans itinéraire ni date de retour. Après pleins de jolis diplômes et quelques années de boulot de “jeunes cadres dynamiques” à Paris, on avait vraiment l’impression de s’être perdus dans un système qui ne nous convenait pas. Nous nous sommes débarrassés du peu d’affaires que nous avions et avons sauté dans un avion. C’était il y a un an et demi, et même si c’étaient des mois incroyables, le fromage nous manque toujours autant !

J’ai (Lou) décidé d’écrire un blog parce que j’adore l’idée d’organiser mes souvenirs, de raconter notre périple et surtout les réflexions qui vont avec. C’est vraiment un travail que je fais pour moi même, mais évidemment j’aime aussi l’idée de le partager avec ceux que ça intéresse 😉

MVOKLM : Qu’est ce qui vous a amenés en Nouvelle-Zélande ?

Lou : Nous sommes arrivés en Juin 2018 en Nouvelle-Zélande. Ça faisait 10 mois que nous voyagions entre Asie du Sud et du Sud-Est. On aimait vraiment notre vie et on commençait à se dire qu’on cherchait plus qu’une longue parenthèse. On envisageait de devenir saisonniers, de travailler pendant quelques mois pour pouvoir voyager le reste de l’année. L’Asie ne nous avait pas coûté bien cher, mais si on voulait continuer il nous fallait faire rentrer de l’argent à un moment. Comme on avait l’âge requis pour faire un PVT (Permis Vacances Travail), on a décidé de se poser en Nouvelle-Zélande quelques mois.

MVOKLM : Comme vous le racontez sur le blog, vous avez d’abord acheté un premier van déjà self-contained à deux anglaises. Comment cela s’est-il passé ?

Lou : C’est Max qui s’est occupé de ce premier achat. Moi j’étais en Malaisie, car nous savions que la Nouvelle Zélande sans van coûte très cher. Du coup, c’était plus malin qu’un seul de nous deux y aille, achète le van et que l’autre le rejoigne après. Vu que je n’ai pas le permis, c’était vite vu !

Max a donc contacté plusieurs vendeurs sur les différents groupes Facebook. Il était à Christchurch et en plein hiver, donc les offres n’étaient pas vraiment légion. De tous les vans qu’il a testé, le plus “rassurant” en terme de conduite était un Hiace de 2001. Il démarrait immédiatement, la conduite était confortable, il était récent… et bien aménagé aussi ! Je sais que sur les groupes de voyageurs sur FB, on se moque beaucoup des gens qui accordent de l’importance à l’aménagement. Évidemment, ça ne doit pas surpasser le côté mécanique, mais quand on vit 8 mois dans un véhicule, en bossant, en ville, en plein hiver, on est contents de se sentir bien à l’intérieur de son véhicule de 3m² !

Du coup il nous a tout de suite plu. Le truc c’est que l’on ne connaissait pas trop le marché. On avait acheté une moto en Inde et une autre au Vietnam, et à chaque fois on s’était simplement basés sur nos instincts (car c’est comme ça que ça se passe là bas). Donc nous ne sommes pas allés faire de vérification mécanique avant achat. Ce qui n’a pas été un problème pour celui-ci, heureusement…

Il nous a coûté 5500 euros (négocié). Ce qui est beaucoup pour la période, mais en même temps il était vraiment spacieux (rehaussé et rallongé) et récent. On ne voulait pas qu’il nous échappe. Alors le jour même de mon arrivée en NZ, Max a récupéré le van et est venu me chercher avec à l’aéroport !

MVOKLM : As-tu des conseils pour acheter un van déjà self-contained en arrivant en Nouvelle-Zélande ?

Lou : Faire un check mécanique (mechanical check) avant achat ! Sur le coup, on a peur que le véhicule nous passe sous le nez, ou que l’on paye 180 dollars pour rien. Mais c’est toujours une bonne idée. Et si le vendeur ne veut pas, c’est qu’il ne faut absolument pas continuer avec ce van !

Toujours faire un check mécanique (mechanical check) avant achat (…) et bien vérifier la rouille.

LOU

Autre conseil : vérifier la rouille de partout, y compris sous le châssis et dans les jointures des fenêtres et des portes. Utiliser un aimant pour savoir si elle n’a pas été maquillée : l’aimant est attiré par la carrosserie saine, et pas par une carrosserie rouillée.

MVOKLM : Avez-vous fait des travaux sur ce premier van ?

Lou : Aucun. On avait déjà investi pas mal et il était en très bon état. Avant la vente, 8 mois plus tard, on a simplement changé le tissu qui recouvrait l’isolation du toit. Mais c’est tout.

MVOKLM : Comment s’est passée la revente ?

Lou : On a revendu ce van il y a à peine un mois. Nous nous sommes mis d’accord pour le vendre moins cher que notre prix d’achat. Beaucoup de voyageurs essaient de faire des bénéfices, mais nous avions vécu dedans pendant 8 mois et avions fait 15 000 kilomètres avec. Ça ne me semblait pas très juste. D’autant qu’il avait beaucoup de kilomètres au compteur (390 000 !). Même si les Hiace ont une durée de vie exceptionnelle, c’est quand même un risque.

Au final on l’a vendu en 3 jours, à 4700 euros. L’acheteur l’a emmené faire un check mécanique, et à part quelques détails qui peuvent gêner pour le prochain contrôle technique (les écrous de la porte pas assez serrés, la housse du siège principal trop abîmée…), le rapport était bon. C’est un van qui a presque 20 ans, donc le mécano a bien expliqué à l’acheteur qu’il ne pouvait pas être en parfait état non plus. Il a hésité et il l’a finalement acheté le lendemain.

Après ce qui nous était arrivé pour le van de mon père, nous n’étions même pas tristes de vendre le notre. On était principalement soulagés !

MVOKLM : Et après il y a eu ce fameux deuxième van… Que s’est il passé ?

Lou : Nous travaillions en Nouvelle-Zélande depuis 4 mois déjà quand mon père m’a annoncé qu’il voulait venir nous voir et voyager avec nous. Comme il voulait venir un mois, nous nous sommes posé la question de son logement. Louer un van aurait coûté très cher pour une seule personne, surtout en plein été. Il faut compter au moins 1500 euros ! On a donc eu l’idée d’acheter un véhicule et de l’aménager pour lui. Ça lui permettait de ne pas trop se soucier de son budget et nous de nous essayer à l’aménagement d’un van. C’était un projet qui nous tentait beaucoup et sa venue nous donnait une raison de le faire.

Le deuxième van : un Mistubishi L300 Rallongé
Le Mistubishi L300 tout nu

MVOKLM : Vous avez entièrement aménagé ce deuxième van. On a beaucoup aimé la façon dont vous avez procédé. Quel était votre cahier des charges de base ?

Lou : Nous n’avions pas vraiment de cahier des charges défini, plutôt quelques aspects que nous savions être très pratiques dans la vie en van et que nous voulions absolument avoir dans celui-ci. Un lit transformable, une cuisine intérieure, une batterie secondaire… Ensuite on a brodé pour tout faire rentrer dans le van en fonction des dimensions que nous avions. Ça a été un véritable casse-tête ! Faire un van à deux c’est plus difficile pour un couple que d’aller sur l’île de la tentation (mention spéciale pour le collage des filtres pour teinter les vitres : ça restera un moment très glorieux de notre histoire, haha) ! (MVOLKM : pour nous aussi, le collage des vitres reste un de nos souvenirs les plus glorieux.)

Question budget, nous voulions dépenser le moins possible à la base. Mais au fur et à mesure de l’avancement et des choix, on a décidé de miser sur le confort (relatif). Mon père a près de 65 ans, et même s’il est plutôt baroudeur en France, on voulait qu’il puisse être à l’aise ici. On a donc voulu le rendre confortable et esthétique, toujours dans l’optique que de toutes façons, nous allions le revendre après son départ.

Et hop la batterie secondaire

MVOKLM : Quelle a été votre plus grosse difficulté pour l’aménagement ? Si tu avais quelques tips pour l’aménagement complet d’un van ?

Lou : Le plus dur, c’est de faire rentrer tout ce qu’on veut dans un espace si petit ! Si on veut un lit de taille “normal” et une cuisine intérieure, il faut ruser pour agencer chaque centimètre d’espace correctement.

Pouvoir s’étaler est un bonheur

Le conseil que je peux donner (mais qui peut sembler évident), c’est d’acheter quelques bons outils. Nous on a tout fait à la main (à l’exception d’une visseuse) et c’était un peu idiot. On a certes économisé 200 dollars sur une scie électrique, mais perdu énormément de temps avec notre petite scie à main. Donc quelques outils de base, c’est un investissement utile !

Une réalisation au top

MVOKLM : Et puis, ça été la PLS…

Lou : Pour faire court, on s’est rendus compte 5 mois après l’achat que la carrosserie du van avait été littéralement rongée par la rouille. Pour maquiller ceci, les vendeurs ont injecté du plastique (ou une matière similaire, je n’ai pas le terme technique) qui avait été poli et repeint pour passer inaperçu. La carcasse du van ressemblait en réalité à du gruyère. Non seulement le van ne pouvait légalement plus rouler, mais il était surtout extrêmement dangereux de s’en servir. Au moindre choc, la tôle se serait rabattue sur nous. Loin de nous protéger, elle nous aurait surtout écrasés. Il a même fallu argumenter auprès du carrossier pour avoir le droit ne serait-ce que de l’amener à la casse… Et dire que mon père conduisait avec depuis dix jours… !

* mode gruyère : ON *

Vu l’étendue des dégâts, réparer le van aurait coûté deux fois plus que sa valeur actuelle. Donc nous n’avons pas eu d’autre choix que de le laisser à la casse du coin.

Rouille vue du toit

On a essayé de faire valoir nos droits en dénonçant le vendeur (qui a maquillé un défaut majeur et dangereux lors de la vente), mais on nous a claqué toutes les portes au nez. Les avocats nous ont dit qu’on pouvait espérer gagner entre 45 et 1500 dollars si on allait au bout de la procédure (ce qui est déjà impossible vu notre situation) et les flics n’ont même pas voulu en entendre parler. On a bien essayé de discuter avec le vendeur mais il a tout nié en bloc et a prétendu “discuter avec son avocat” (de quoi ? Aucune idée). Nous n’avions absolument aucun recours légal.

Le truc c’est que ce n’est pas une seule vente isolée. Ce vendeur (un kiwi de Christchurch) vend une centaine de vans par an à des étrangers. Son pote est mécano et on suppose que c’est lui qui valide les contrôles techniques des véhicules. Un de mes amis à Christchurch lui a acheté un van en même temps que nous, et il s’est rendu compte que celui-ci avait les pistons fondus. C’est donc bien une arnaque organisée.

MVOKLM : Nous, perso, on aurait probablement perdu la foi en l’être humain.

Lou : Haha ! C’est sûr que j’ai du mal à entendre des phrases du genre “les kiwi sont vraiment d’une gentillesse folle !” ou autre cliché. Car clairement, notre expérience prouve bien que ce n’est pas une vérité absolue. Mais à l’inverse, je ne généralise pas non plus. Je sais que les voyageurs et PVTistes en NZ sont un business (parfois immoral) pour certains. Mais il y a aussi des locaux adorables. En fait il faut juste se dire qu’il y a des abus partout, mais des gens bienveillants plus encore. La seule chose, c’est qu’on ne s’y attend pas forcément quand on arrive en NZ. On s’attend à des arnaques en Asie ou en Amérique du Sud, mais très peu sur le territoire kiwi. Pourtant, elles existent bel et bien, et c’est mieux de le savoir avant pour s’en prémunir, sans pour autant devenir parano sur le sujet !

Un super projet …
… Qui n’aura roulé que quelques semaines 🙁

Nous avons d’ailleurs eu de la chance, car deux jours avant notre départ de NZ nous avons rencontré Ruben, un kiwi d’origine Maori qui a entamé la discussion dans un parking d’Auckland et avec qui nous avons partagé nos derniers repas. Il était d’une gentillesse et d’une bienveillance folles. C’était super de rencontrer quelqu’un comme lui avant de partir. Ça nous a permis d’avoir un dernier souvenir heureux dans le pays et de le quitter sur une note positive !

MVOKLM : Comment avez-vous réussi à surmonter tout ça et continuer à voyager ? (Ce qui pour nous est la vraie réussite de cette histoire)

Lou : Déjà, on s’est rendus compte de l’arnaque quand mon père était encore là. Donc on n’a pas trop eu le temps de se plaindre ou de baisser les bras, il nous a fallu agir vite, pour profiter au maximum de sa venue malgré tout. On a déposé le van à la casse et on a continué le voyage : mon père dans notre van et nous en tente.

Par la suite, tout s’est enchaîné. Mon père est parti, on a mis notre van en vente et on s’est envolés pour les Samoa puis le Japon. Nous n’avons donc pas eu de période de déprime. Ça n’a pas été marrant pour autant sur le moment, mais nous avons étonnamment vite réagi et sommes passés à autre chose.

Financièrement, nous avions suffisamment d’économies pour que ça ne compromette pas trop la suite de notre voyage… Ça fait partie de ce que nous a coûté la Nouvelle-Zélande.

On garde quand même une grosse amertume à l’idée d’avoir mis autant d’efforts dans un van qui a fini à la casse… Mais au final, mon père a beaucoup apprécié son séjour et, même s’il n’a pas pu en profiter longtemps, il a adoré son van. Il pense d’ailleurs aménager le van de son exploitation apicole pour pouvoir barouder avec en France pendant sa retraite. C’est pas dingue ça ?

MVOKLM : Quels conseils donnerais-tu aux voyageurs pour éviter ce genre de mésaventures ?

Lou : Je vais surement sembler très pessimiste, mais je ne crois pas que l’on puisse se protéger complètement d’une situation pareille. J’ai reçu des témoignages de personnes à qui c’était arrivé. Certains ont acheté des vans avec les pistons fondus, d’autres qui ne peuvent pas rouler plus de 15 minutes sans que le moteur chauffe… Une française m’a raconté avoir acheté un van à 7000 euros. Le premier passage chez le mecano lui a appris que son van n’en valait pas plus de 1500… Et c’était son premier mois en NZ. Dur.

Le meilleur conseil je pense, c’est de prendre son temps. Si un van vous passe sous le nez, tant pis. Il vaut mieux ça que de partir avec une poubelle qui mangera toutes vos économies !

Lou

On peut néanmoins faire attention pendant l’achat et suivre les conseils énumérés plus haut, ou sur le site de Mon van au calme 🙂 Ça empêche au moins de tomber dans les arnaques les plus grosses. Le meilleur conseil auquel je pense, c’est de prendre son temps. Si un van vous passe sous le nez, tant pis. Il vaut mieux ça que de partir avec une poubelle qui mangera toutes vos économies !

Et malgré tout, ça ne sert à rien d’angoisser. Être prudent, oui, mais il faut tout de même garder en tête que c’est une aventure et que vous en tirerez du bon quoi qu’il arrive !

Vous avez aimé cette Van Story ? Vite, allez découvrir le blog de Max y Lou !

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C’est l’histoire d’un van – Partie 1.

Au début il n’y avait rien. Une mince idée, un début d’envie, un embryon de projet. Ce projet, NOTRE PROJET, de trouver un van vide, tout nu et de l’aménager nous-mêmes, de A à X. Voici l’histoire des aventures de ce van. Un van nommé Pizza.

1. Origines story.

A l’obtention du PVT en Nouvelle-Zélande, il n’y avait qu’un seul but : parcourir par n’importe quel moyen un pays qui, comme beaucoup d’entre vous, nous faisait rêver.

Et comme beaucoup d’entre vous, en tapant « découvrir la Nouvelle-Zélande », nous tombions assez rapidement sur des articles vantant les mérites de la découverte itinérante, en van ou en voiture. Souvent même, nous avions lu qu’il s’agissait de LE pays idéal pour ce type d’aventure. On ne sait pas pour les autres pays, mais en tout cas, on valide : nous là-bas, on a bien kiffé ça.

En parallèle, trainant par hasard sur YouTube à quelques mois du départ, Florent découvrait cette magnifique vidéo :

Un gars ingénieux, à l’accent anglais, qui se construit un van en 17 jours, avec une coiffure IMPECCABLE. Il ne lui en fallait pas plus pour tomber en love et être très très inspiré. Surtout en lui se produisit un déclic majeur : il s’en sentait capable.

Au passage, il faut vous repréciser qu’aucun de nous deux n’avait une quelconque expérience de l’aménagement de véhicule, ni de diplôme en menuiserie ou mécanique ou électronique.

En revanche, Florent, très jeune amoureux de petites briques Danoises, avec un papa maître dans l’art du « on n’est jamais mieux servi que par soi-même. », a toujours eu la fibre bricoleuse ou en a été le témoin.

Bref, l’idée avait fait son chemin et sans savoir comment s’y prendre, on commençait à regarder des vans un peu hasard, notamment sur Trade me. Assez vite, en ayant pu glaner ci et là des informations sur les différents modèles et les possibilités d’aménagement, on s’est vite décidé à : petit un, acheter un van et petit deux, l’aménager à notre convenance.

Nos pré-requis :

  • Un grand lit parce que Florent il est grand,
  • Une cuisine intérieure pour se préparer des plats à l’abri quand il pleut,
  • Une bonne isolation pour affronter les froides nuits de l’île du sud,
  • Une homologation self-contained pour plus de liberté,
  • Et surtout, SURTOUT, un monstre de fiabilité mécanique.

2. Quand on arrive en ville.

Dès notre arrivée nous savions donc à peu près vers quel type de modèle nous allions nous orienter, on pensait très fort au Toyota Hiace, qui d’après beaucoup de retours, dont ceux de potes sur place, donnait le sentiment d’être très sûr mécaniquement, certains dépassant même les 500 000 km !

Sur place donc, 3 nuits réservées dans le backpack le plus miteux d’Auckland (big up Xbase Auckland, cimer pour la crasse et les draps tâchés de sang). En ville nous retrouvons Natacha et Romain, notre couple de potes en fin de PVT.

Ayant fait la même démarche que nous souhaitions entamer (aménager leur van), ils ont été de précieux conseil, notamment sur les lieux où se procurer du matériel de construction, les bons plans, les petites choses administratives à connaitre, où chercher son van … Bref, tout ce que nous aurions aimé savoir avant de partir mais que nous n’avions pas forcément trouvé dans nos recherches.

Suite à nos charmantes nuits en centre-ville, direction la banlieue pour 3 semaines de WOOFing prévues juste avant notre départ dans une auberge-éco-communauté-vegan nommée Fatcat. On pourrait tenter de vous décrire pendant des heures le concept, vous ne comprendriez pas forcément tant il faut le vivre. Sachez que rien n’y ressemble, que pour nous c’est comme la famille et un lieu qui restera pour toujours « une maison à l’autre bout du monde ». Une maison avec un grand garage, des outils et du bois. Pratique non ?

Une semaine plus tard, bien installés, ayant pris nos marques et ouvert un compte en banque, il était temps de lancer nos petites recherches. Recherches que nous avions bien affinées en discutant autour de nous, notamment avec les managers des lieux, Chiara – Italienne – et Dan – Alaskien – qui passaient le plus clair de leur temps libre à retaper des véhicules de la tête aux roues, et en connaissaient donc un rayon côté mécanique.

Ce sont eux qui nous conseillent d’office (si possible) d’acheter plutôt un véhicule diesel et manuel, d’expérience optimal pour un long road trip en NZ. On est alors mi-mars, et il nous faut trouver ce van vide – direction donc LeBonCoin version kiwie, Trade me !

3. A la recherche du temps perdu.

Assez rapidement nous avons quelques touches et Florent va assister à sa première visite, par chance dans un quartier voisin. Invitation reçue par texto, rendez-vous le jour même avec un kiwi plutôt sympa pour voir le véhicule, un Hiace année 92 appartenant à son église et utilisé pour le transport des enfants de chœur de la paroisse (non ce n’est pas une blague).

Voilà donc Florent, seul face au vendeur, devant inspecter un véhicule, le conduire à gauche pour la première fois, lui poser des questions, répondre aux siennes et le tout en anglais silvouplé.

On va dire que tout n’était pas très très clair, mais le van avait l’air en bon état, disponible tout de suite et juste à côté ! Nous nous tâtons (oh oui tâtons nous). Croisant des backpackers nous disant qu’un an ça passe vite et qu’il faut en profiter, nous prenons peur de perdre du temps de voyage, et réfléchissons à acheter tout de suite pour aller au plus vite. Même la croix chrétienne de 2 mètres de long côté conducteur dessinée à la bombe de peinture turquoise sur blanc dégoulinant nous paraissait SYMPA. On avait oublié que rien ne sert de courir petit frère. Heureusement le van, mis aux enchères à 3000$, s’est vendu bien au-delà de notre prix limite de 5000$. Heureusement, car quelques jours plus tard nous allions enfin trouver notre perle rare.

Ceci dit avant la perle nous avons tout de même eu un second rendez-vous avec un autre vendeur à Auckland. L’histoire vaut le détour (un genre de Mad Max Fury Road avec des ados en gueule de bois) et on vous l’a déjà racontée, si vous ne la connaissez pas relisez donc le premier chapitre de cet article.

4. La bonne pioche.

On est quasi fin mars et au cours de son surf quotidien sur Trade me, Florent va repérer une annonce située à Hamilton, une ville à une heure au sud d’Auckland (le cercle de recherche avait été agrandi pour essayer de trouver du nouveau et du moins cher, si possible). L’annonce est mise en ligne par un concessionnaire qui propose un Hiace année 1996 propre… Diesel, manuel, chauffage à l’arrière, 270 000 km, à 5000$ (environ 3300€ à l’époque). Plutôt cool ! Un mechanical check à 100$ est aussi proposé avec un garage partenaire. Cette dernière information ne nous plaît pas trop, préférant pouvoir choisir un garage neutre afin d’éviter tout risque de connivence.

Mais après un rapide check du véhicule sur Carjam, tout parait ok. On prend donc contact et saute dans un bus, direction la jolie petite ville d’Hamilton. Non on déconne. Hamilton c’est une zone industrielle jouxtant une rivière et un centre ville historique construit autour d’une route départementale.

Aussitôt arrivés, en route vers le concessionnaire, situé à une petite heure de marche de là. Ça tombe bien, on pouvoir profiter du décor !

(Décor qui est très bien, précise Sarah qui n’a pas de problèmes avec la ville d’Hamilton, qui en profite aussi pour vous dire que si vous aimez Hamilton vous avez bien raison).

Une fois là-bas, on rencontre le vendeur, il nous montre le van, nous explique son historique rapide (un seul propriétaire kiwi) et nous laisse une clé pour le conduire, en échange de nos passeports. C’est parti dans les rues de la ville, virage à droite, virage à gauche, ça tient la route. On teste l’embrayage, effectuons des démarrage/arrêt plusieurs fois, tout fonctionne. Garés dans un lotissement, on prend quelques mesures intérieures et on jette un œil sur le moteur, propre. Ça a l’air d’aller mais rien n’est certain. Pour se rajouter un peu de pression, on doit subir les aboiements de deux chiens à 10 mètres de là et leur propriétaire qui nous fixe depuis son jardin. Alors c’est très con, surtout avec le recul, mais à ce moment là on était un peu paumés et stressés.

Sur le chemin du retour, on se dit que nous n’avons pas assez d’éléments en notre possession pour être SÛRS que ce van ne présente aucun risque, et on accepte donc auprès du concessionnaire de faire réaliser le mechanical check le lendemain matin dans leur garage, ne pouvant en choisir un autre.

Nous nous quittons là-dessus et rentrons dans notre bonne aubÊrge pour la nuit, Florent commençant à sérieusement réfléchir à des aménagements sur papier suite aux mesures prises plus tôt. On croise les doigts pour que tout se passe bien et on file au dodo.

C’est le lendemain, les oiseaux chantent, le rendez-vous chez le concessionnaire est prévu en début d’après-midi. Nous profitons de la matinée pour passer à la banque en centre ville et retirer 5000 $ en cash, ce qui représente un belle grosse liasse violette que tu caches au plus près de toi, prêt à mordre toute personne qui te demanderait l’heure d’un peu trop près.

14h. Nous arrivons chez notre ami intermédiaire qui nous présente le rapport complet du garage. Très sympa, il nous installe à une petite table et nous propose de relire tranquillement le compte-rendu sans nous mettre la pression, plutôt bon signe. Mais on se rend compte que quelque chose ne va pas. Le rapport est bien fait, exhaustif, pas de souci à ce niveau là. c’est plutôt sur la partie conclusion que notre attention se porte.

Il y est écrit noir sur blanc OIL LEAK (ou fuite d’huile).

On en parle avec le concessionnaire, qui forcément nous dit que ce n’est rien et que tous les véhicules sont susceptibles de fuites d’huile, mais que toute fuite n’est pas à considérer comme un problème grave. Pour le coup il avait raison, comme on vous en parle ici. Mais sur le coup, nous on n’y croit pas. On demande donc la permission de reprendre le van et refaire un tour, permission accordée.

Ce faisant, on file en direction du garage, préférant échanger directement avec la personne ayant réalisé le passage en revue. En y allant un peu au culot, on finit par s’entretenir avec lui, et très sympa, il nous fait comprendre que, certes la fuite existe, mais qu’elle n’est pas dangereuse en l’état. A tout hasard on lui demande combien couterait une réparation. Vu que rien ne presse et que de toute façon il faut sortir le bloc moteur pour réparer, il nous conseille de le faire lors du prochain changement de cambelt, soit maintenant, soit à 300 000 km. Le chiffre tombe : 1000 $ environ pour le tout.

Ok, on le remercie, souffle un bon coup et retourne au van sur le parking. Là on se pose vraiment la question de l’achat. Sortir 1000 $ en plus c’est hors budget pour nous. Mais heureusement-il-y-a-Dan-notre-ami-mécanicien.

– « Allô Dan ? On est face à un van qui présenterait une fuite d’huile, c’est grave ?
– Tu as fait le niveau d’huile, tout est ok ?
– Yes.
– Vous avez roulé avec, le moteur est chaud ?
Yes.
– Baisse-toi et regarde sous le van.
Yes.
– Tu vois une flaque ? Des gouttes tomber ?
No.
– Sous le capot, il y a des trace d’huile visibles sur les composants ?
– No.
– C’est pas une fuite importante.
– Ok. Tu crois que je peux négocier le prix d’achat au vu de ce que coûtent les travaux ?
– C’est toi qui possède l’argent non ?
– Yes.
– Alors c’est toi le patron.
Yes. »

On raccroche et on en discute. Acheter le van 4500 $ nous permettrait de se laisser une petite enveloppe supplémentaire pour d’éventuelles réparations en rapport avec la fuite. On considère qu’à ce prix là on prendra le van, mais qu’on va d’abord en demander 4000 $ pour l’exercice de négociation.

Assis à son bureau, on déroule notre argumentaire en justifiant l’écart de 1000$ sur la base des réparations annoncées par le garagiste. Il nous répète que tous les véhicules après quelques années présentent des fuites et que dans notre cas ce n’est pas forcément grave. Peut-être, mais en l’occurrence la fuite, peu importe son volume, est bien présente. Et en cas d’évolution nous ne serions pas en capacité d’assumer un prix d’achat plus des frais de réparations au-delà des 5000 $.

Il comprend et nous indique qu’il doit joindre le propriétaire pour lui soumettre notre offre. Il part téléphoner, on attend. Il revient : « Le propriétaire est d’accord pour descendre jusqu’à 4500 $, mais c’est sa best and final offer« .

On se regarde et on s’excuse auprès du vendeur pour pouvoir sortir et en discuter entre nous. Une fois dehors on met 10 secondes pour se dire « ok on a un van » et 5 minutes de plus à parler de tout et de rien, pour la forme.

On rentre, on accepte le deal et le sourire revient sur tous les visages pendant qu’il compte le total des billets tendus, que sa secrétaire nous fait la passation de propriétaire et que nous prenons en main les clés de notre nouveau bébé, le fraîchement renommé Pizza.

Fin de la partie première. La partie 2 est disponible ici !

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